WARRAWAGINE

Warrawagine est une cattle station, un ranch dans le vocabulaire australien. C’est un lieu perdu aux extrémités nord du Great Sandy Desert, dans le Western Australia. La ville la plus proche est à 80 km, Marble Bar. Un endroit qui a le record du nombre de jours consécutifs avec une température de plus de 40 degrés. Quelque chose comme 3 ou 4 mois d’affilés ! Ici on ne rigole pas avec la nature qui est tout sauf très accueillante.

C’est dans cet univers que vivent Ben, Scott, Robin. Le petit-fils, le père et le grand père. Ils font tourner la cattle station avec leurs familles et une vingtaine d’employés. Leur business, l’élevage extensif de vaches et de taureaux. Des animaux sauvages qui se déplacent librement dans cette cattle station de 50 km sur 200. Ils voient l’homme une fois par an, lors du mustering, le rassemblement des vaches. A ce moment, les hommes et les femmes (des cow girls, les jilaroos) n’hésitent pas à se confronter à des taureaux furieux de 700 kilos,  ils utilisent des petits hélicos de poche, un cesna, des motos tout terrain, des buggys, un road train. Des cow boys des temps modernes qui vivent encore à l’ancienne, avec le jean Wrangler, les bottes, le chapeau et une winchester qui n’est jamais loin.

C’est à cette période, en novembre 2013, que nous sommes allé les filmer pour Thalassa, 42 degrés à l’ombre, de la poussière rouge qui entre partout, un immense ciel bleu, douche directement dans la rivière, nuit sous les étoiles dans un swag et canettes de bières. De l’Emu bien sur, la bière du Western Australia. Un détail qui n’en est pas un en Australie.

J’ai adoré passer près d’un mois avec ces cowboys. Pendant plusieurs jours, nous avons dormi à la belle étoile, dans des swags, des lits-duvets typiquement australiens. Ces types ont la vie dure, mais ils aiment cette vie, mouvementée, en plein air. Ils ont mis un certain temps à m’accepter. Ensuite, mon travail les faisaient rire. Un travail de feignant. Un jour l’un d’eux, Davo, m’a dit « Chris, I can do you job, you can’t do mine » !

Parfois, quand j’avais le temps, je sortais mon petit Nikon Coolpix et les prenais en photo.